Récits de randos

 

Rando en Lozère (F)

 
 

2009

 

 

 

Une rando au pays des loups : huit jours en Lozère

 

C’est un 22 mai que tout a commencé, Isa, Lau, Laeti, Olivier et moi sur la route. Vans et chevaux. Jusqu’à La Périgouse, notre gîte de départ sur la Causse Sauveterre.

Longue est la route… Neuf heures ! Avec deux bavardes patentées dans la Land Rover ! Que m’a donc valu ce calvaire ?

     
 

Enfin, nous y voilà. Ambiance « retour en 1950 », un lieu étrange, cette Périgouse. La nuit, autour de notre gîte, rodait un loup.

 

 

 

Le lendemain, après un solide p’tit déj, un café fort, chevaux sellés et cœurs ardents : le départ !

 

 


 

Direction La Citerne, sur le Causse Méjean. Dès le départ, la Lozère nous révèle son austère beauté : des étendues minérales et des taches de genêts, le mistral, le bruit des sabots sur les pierres des chemins. Puis la descente vers le Tarn, où nous attendaient le pique-nique, la baignade pour les chevaux et la remontée sur le Méjean.

 

 

 
 

 


   
 

Là, un nain maléfique a ourdi un sombre complot dans le but de nous nuire et de nous fourvoyer dans un chemin pericoloso maleficat maleficarum…Demi-tour périlleux, les chevaux de rando, c’est des champions !

 

 

 

Sur le Causse, la paix était au rendez-vous et, à 500m du gîte, téléphone ! Isa, c’est la m… on nous a indiqué la mauvaise Citerne sur la carte ! C’est une ruine !!! La bonne est à deux-trois heures de cheval…

Après déjà huit heures le premier jour, diantre ! Dis-je à mes compagnons, voilà qui n’arrange guère nos affaires…

 


 

Mais Isa a réussi à joindre la patronne de la bonne Citerne, femme de tête, qui nous a lancés, nous et nos chevaux, dans son camion tout neuf, direction le gîte. Le soir, nous comparâmes les mérites de l’absinthe et du calva avec nos hôtes normands…

Juste avant de m’endormir, je remarquais un loup, tout à côté du parc à chevaux.

 

 


 

Au levé, première chose, rechausser Apollon, monture de Lau, qui a un sabot dans un triste état et ne peut être referré. Le cheval, pas Lau !

   
 

Olivier, grand expert en équi-sandales, s’est penché sur le problème et a confectionné une super ferrure, à l’aide d’un easy boot et d’une chaussette. Lau finira la rando avec une seule paire de chaussettes de rechange, Apollon a gardé un sabot nickel.

     
 
     
 

Donc, direction l’Hom, gîte étape dont le nom a fait quelque peu fantasmer les dames de l’équipe.

Après une journée sans histoire, mais survolée par des vautours qui apprécient la région, nous gagnons l’étape, petit hameau situé dans le chaos de Nîmes.

     
 

Avec la voiture d’intendance nous allâmes rendre visite aux chevaux de Przewalsky. Longtemps, nous sommes restés à méditer devant ces fossiles vivants, à rêver à des temps de steppes ouvertes, sans clôtures, sans TVA.

 

     
 
     
 

De retour au bercail, nous finîmes l’absinthe à la santé des cavaliers et des chevaux des temps jadis.

     
 

Avant de me coucher, je remarquai un loup, assis sur un rocher.

     
 

Le lundi, départ pour Aire de Côte, une bien belle journée ma foi !

Paysages sublimes, ruisseaux ruissotants, vieux ponts de pierre, pique-nique sur une colline, évidemment somptueux.

 

     
 
     
 

L’après-midi, nous entrons dans le Parc National des Cévennes et là, au hasard de la traversée d’un bois, nous sommes comme envoûtés par d’étranges ondes ; le vent dans les feuilles, le mouvement de l’air, les rochers et les arbres semblent vouloir nous dire des choses…

Moments magiques.

     
 

Le gîte d’Aire de Côte, maison forestière sis comme il se doit au milieu de la forêt, est tenue par… le garde forestier ! Et là, je dois déplorer le goût pour le moins particulier des dames du groupe qui le trouvaient mignon ! Le forestier, Olivier et moi nous le trouvions plutôt contrefait, le bellâtre ! Pour nous consoler, nous avons puisé dans la cave du vil séducteur.

Néanmoins, nous fîmes une bonne nuit et bonne chaire. Pourtant, la nuit, le hurlement d’un loup vint troubler mon sommeil.

     
 

Mercredi. Let’s go pour Barre des Cévennes, à commencer par une longue descente à pied sur les chemins sylvestres. Puis les sentiers de crêtes, sublimifiques ! Avec le Mistral pour nous accompagner.

     
 

A la halte de midi, Isa nous a déniché un abri genre Néanderthal, un vin de Fitou en plus.

     
 

En fin d’après-midi, nous longeons le bourg moyenâgeux de Barre des Cévennes, puis en rase campagne, des vestiges de commanderie Templière, enfin le gîte.

     
 

Où un palefrenier soigneur rigolard et sympathique nous a pris en charge. C’est un élevage de chevaux d’endurance où les principaux clients sont des princes arabes. De fait, le patron des lieux ne vint même pas nous serrer la main, à nous, crapoteux randonneurs aux chevaux sans origines.

Comme il s’agissait du troisième jour, la soirée fut courte.

     
 

En allant donner un bout de pain sec à mon vieux Charly, j’ai distingué, à l’orée de la forêt, la silhouette d’un loup.

     
 
     
 

Le quatrième jour, Richtung Félgerolle, jolis chemins sur le tracé des 160km de Florac, que nous quittons pour les collines. Là, nous avons dû couper par des dalles rocheuses, car un individu a racheté le mas par lequel passait le chemin. Il arborait un splendide drapeau Suisse sur le toit et je me suis fait engueuler en Bärnerdütsch. Vive l’anarchie !

     
 

Après avoir traversé un village et remonté dans les collines, nous retrouvons l’intendance dans une clairière. Plus tard, dans un sentier forestier, nous trouvons un groupe de Belges complètement perdus. Et, après avoir chevauché dans de sombres sous-bois et par de magnifiques landes piquées de genêts, nous gagnâmes le hameau de Félgerolle.

     
 
     
 

Gîte pour randonneurs que nous occuperons seuls ; au menu du soir, alligot et vin de Loire…

Et la nuit, dans la lande alentour, rôdait un loup.

     
 

Jeudi matin, opération Auriac : le hameau dans les Cévennes, pas la ville en Auvergne ! Et nous débutons par un sentier derrière la lande qui monte, monte par des marches de rocher de plus en plus hautes, pour arriver à un plateau ombragé, propice au repos s’il y avait eu quelque chose à brouter.

     
 

Plus tard, nous arrivons à un lieu ensorcelé par quelque bonne Fée : les sources du Tarn, magnifique, un endroit où on pourrait bricoler une cabane et y rester jusqu’à la fin de toute chose.

     
 
     
 

Le Tarn, nous l’avons traversé sur un pont construit par les Romains et, après quelques kilomètres de lande, nous sommes arrivés à un chemin qui monte, monte, monte… un truc tout en cailloux, de plus en plus haut… On y a laissé au moins un mètre de semelles. Pour arriver, en sueur, sur un beau chemin en herbe, plat et droit. Nous l’avons suivi sur 2km, l’estomac dans les sabots, pour retrouver Isa et sa Land Kitchen Wagoon. La halte fut vouée à la sieste.

     
 

L’après-midi, nous suivons les crêtes des Cévennes et par le sommet du Mont Lozère. Vues à perte de vue, Mistral à décorner les bœufs : inoubliable ! Et de beaux galops en plus. Le pied !

     
 

Le soir, nous arrivons à Auriac, gîte bien confortable mais hanté : un esprit au sens de l’humour discutable s’est amusé à ouvrir et fermer la porte de la chambre toute la nuit.

 

     
 

En plus, dans la cour, assis à nous observer, il y avait un loup.

 

 

 

 

Le matin du dernier jour de rando, le patron d’Auriac nous a indiqué un tracé que je me suis fait un devoir de suivre. Et c’est vrai que la matinée fut belle… et caillouteuse.

Lau faillit nous être enlevée par un grand-papa randonneur équestre, habillé en Camarguais ; il cherchait un copain pour randonner. C’est vrai que l’idée de poursuivre encore quelques temps dans ces solitudes lozériennes était tentante.

Nous nous séparâmes du brave pépé avec quelques gorgées de whisky.

 

 

Quelques kilomètres plus loin, nous avons fait halte dans une forêt et là, nous décidons qu’une équipe irait chercher les vans pendant que l’autre surveillerait les chevaux.

Le lendemain allait être rude pour remonter en Suisse. L’après-midi serait donc consacré aux terrasses des bistrots de Sainte-Eulalie.

 

 

 

 

 

En attendant les vans, nous avons reçu la visite d’un nonagénaire hilare qui me complimentait sur la santé de nos chevaux et de nos « juments », en regardant Laeti et Lau… et me quittait avec forces de claques dans le dos en me disant qu’il allait retrouver sa « gamine » de huitante ans, au volant de sa Renault modèle 1965.

     
 

L’après-midi, à Sainte-Eulalie, a été un peu déphasant : les gens, le bruit, le pastis… Après ces jours de clame et de nature !

     
 

Le soir, nous rentrons à la Périgouse, où la soirée est accompagnée de fous rires à cause du vin qui était, pour le moins, âcre !

     
 
     
 

Nous sommes allés nous coucher bien tôt car, le lendemain, longue serait la route.

     
 

Vers minuit, un loup gratta à notre porte.

 
     
 

Tôt le matin, nous chargeâmes nos montures dans les vans et, « on the road again », sauf que ce bon Jack Kerouac ne parle jamais de retour, lui !

     
 

La frontière fut passée d’un bond, comme James.

Et la troupe que nous formions se sépara dans le cadre, ma foi fort bucolique, de la station d’essence de la Côte. Les adieux furent déchirants. Surtout pour Laeti, toujours fort démonstrative.

     
 

C’est le soir, après une bonne douche, qu’en regardant par la fenêtre, je vis qu’il y avait devant chez moi… un loup qui m’attendait.

     
      Arthur LEROY (alias Michel)
     
 

Les Participants:

 
     
 

Michel & Charly

   

 

 

Olivier & Naga

   

 

 

Laeti & Samy

   

 

 

Lau & Apollon

   

 

 

Isa & Le Pique-Nique (dans la Land-Rover)