Récits de randos

Ballade gourmande à Cheveney

 
 

2009

   
 

Un gros doute, dimanche matin au réveil : le temps restera-t-il sec pour la journée ??? Après le samedi désastreux que nous avons vécu, ce premier jour d’été pourrait bien être glacial !

   
 

Mais non. Pas une goutte de pluie de la journée, une petite Bise un peu fraîche pour la saison, mais pas de mouches et de beaux moments de soleil : un temps idéal pour chevaucher !

Le temps de brosser les chevaux, d’avaler une tasse de thé et de réveiller Eric – le tout dans le désordre ! – nous partons, direction Chevenez, en Ajoie.

Par prudence, nous avons emporté une petite veste et nos affaires de pluie… Par prudence toujours, j’ai emmené ma trousse de premiers secours, mon matériel de maréchalerie et plein de cordes de tailles diverses. On ne sait jamais… Mais comme Alain et Eric devaient faire le tour en attelage, j’ai chargé tout mon matériel sur le gig et je me suis contentée de porter… la carte ! C’est toujours agréable de « voyager léger » à cheval…

C’est donc l’esprit léger que nous nous sommes attablés à l’entrée de l’ancien manège de Chevenez (celui de Josi Oeuvray) pour grignoter un peu de tresse (pur beurre), des confitures maison et boire un café bien chaud. Il fait vraiment frais, ce matin.

       
 

Décharger les chevaux, harnacher l’un et seller l’autre, nous sommes
partis quelques minutes plus tard. Plusieurs minutes plus tard ! Il a fallu expliquer l’utilisation de l’appareil photo à Eric, qui était parti pour faire un reportage sans enlever le cache de l’objectif.

Mmmmh, il me semble que nous croisons moins de monde, cette année. Confirmation à la première halte, réservée aux attelages : les attelages sont peu nombreux cette année et leur parcours commence en solitaire.

Mais le vin blanc (un peu matinal à mon goût) et la Toétché sont un régal. Autant prendre de forces avant d’entrer dans la forêt.

 

 

   
 

Jolie balade dans le Bô d’Estai. Les chênes repoussent et des zones ont été replantées, mais les ravages de Lothar sont toujours visibles après dix ans. Le haut de la colline a été rasé par la tempête ! Au bout du bois, il y a foule : l’entrée, toute fraîche, nous attend. Terrine paysanne et petite salade. Les « piétons » et les cavaliers sont aussi là. Deux gros chars attelés arrivent au moment de notre départ. Bravo aux meneurs : ils réussissent à placer
leurs attelages de façon à libérer le chemin forestier.

Encore une boucle en forêt, puis nous retrouvons les abords du chantier de l’autoroute. Les fameuses traces de dinosaures ne sont pas loin, mais…. Trop loin pour les apercevoir du chemin !

Un verre de jus de pomme nous attend quelques fermes plus loin. Avec une bonne surprise pour moi ! Les propriétaires des lieux demandent à la ronde si quelqu’un est intéressé à « louer » un cerisier. Les cerises sont abondantes cette année et la vente directe semble être devenue le seul moyen d’écouler les fruits sans perdre trop d’argent ! J’ai donc loué « mon » cerisier. Je reviendrai cueillir tout ça dans quelques jours.

 

 

 
 

Moins d’un kilomètre plus loin, une autre ferme nous accueille pour le vif du sujet : faux filet de porc sauce au poivre, röstis et légumes de saison. Le tout arrosé… comme chacun le souhaite. Ahhhh, ce cuistot! Il saisit sa viande juste comme il faut et la cuisson, toujours parfaite, conserve toute sa saveur et tout son moelleux au morceau.

Vu le monde qui arrive (les deux chars), nous ne nous attardons pas. Juste le temps de discuter avec les gens que nous connaissons et de donner un coup de brosse à Chivas avant de lui remettre son harnais. Tiens ! Il y a quand même quelques cyclistes !

Le retour se fait à travers champs, le long de chemins agricoles comme on les aime, avec de l’herbe au milieu. Avec tous les enfants qui courent autour de nous, autant avancer tranquillement.

       
 

Arrêt d’urgence à quelques dizaines de mètres de « l’arrêt fromage » : un cheval (seul) nous arrive dessus, apparemment bien décidé à passer outre les piétons, notre attelage et mon cheval ! Les piétons s’écartent et nous nous plaçons de façon à ce que le fugitif n’ait pas trop le choix : un fouet menaçant sur sa gauche, un affreux barbelé sur sa droite ou s’arrêter et attendre que sa cavalière nous rejoigne. La brave jument – j’ai eu le temps de constater que c’étai une jument – a préféré attendre… Sage décision. Mais il a dû y avoir un peu d’animation avant notre arrivée : non seulement cette jument avait cassé sa corde, mais sa copine d’écurie avait réussi à casser ses rênes. J’ai proposé mes cordes pour remplacer le tout. Cavaliers timides ou peu pratiques, ils ont opté pour des bouts de ficelle !

 

 


 


   
 

Ni Eric ni moi étant amateurs de fromage, Alain s’est senti un peu seul, mais n’en a pas moins dégusté Chaux-d Abel, tomme et fromage d’Ajoie, confortablement installé sur la cale du gig. J’ai envie d’un café.


Une petite descente et la traversée de Chevenez plus tard, il ne nous reste plus qu’à déshabiller nos chevaux et à les charger dans le van. Bon ! Eux ont déjà eu leur halte à une fontaine publique. Ils ont bien bu, mais se sont surtout amusés. Chivas fait des bulles sous l’eau et Dana remue la surface pour enlever toute
impureté !

Maintenant, allons prendre ce café ! Un café et une pâtisserie. Ca va ensemble, non ? Quelques bonnes paroles plus tard, nous entamons nos allers-retours pour rentrer les chevaux, puis le gig à la maison. Une belle journée de plus !

       
 

Les organisateurs ont confirmé mon impression : il y a eu moins de monde cette année. Les « balades gourmandes » se multiplient en Suisse romande et les gens se déplacent moins. Les cyclistes, notamment, devaient avoir rendez-vous ailleurs.


   
 

Les attelages aussi ont boudé cette édition. Les meneurs avaient-ils peur des dénivelés? Avec du matériel en ordre et des chevaux entraînés, il n’y a aucun souci. Seuls les piétons et les cavaliers étaient bien là. Bon ! Ce n’est que partie remise, 2010 sera une autre année.

Merci à l’Etrier Ajoulot pour cette jolie balade et toutes ces bonnes choses !


A bientôt

   

Claire Meyer